La Bretagne

terre de Résistance

(18 juin 1940 - 6 juin 1944)

 

 

Cet exposé n'a pas pour objet de reprendre tous les faits de la Résistance sur la Bretagne, de nombreux et importants travaux des historiens bretons de cette période sont une base essentielle et indispensable pour aborder l'importance et la spécificité des composantes de cette Résistance (voir la bibliographie), mais d'aborder le sujet au travers de quelques actions ou particularités bretonnes comme les évasions clandestines, le renseignement, les filières maritimes, etc., avant l'élément déterminant - mais non unique - dans la reconquête de l'Europe : le débarquement de Normandie le 6 juin 1944. Je souhaite associer à cette étude Christian Bougeard et Roger Huguen qui m'ont autorisés à reprendre quelques éléments de leurs études respectives : Histoire générale de la Résistance en Bretagne, réseaux d'évasion et le réseau SHELBURNE. Qu'ils en soient remerciés.

 

La Bretagne, terre de résistance par sa position stratégique qui l'amena à être sollicitée très rapidement. La Bretagne, terre de résistance par le comportement de sa population qui apporta une importante contribution tant dans la Résistance intérieure sous ses diverses formes que dans la Résistance extérieure par le combat au-délà des frontières du pays occupé. L'adjudant Forman et le sergent Joel Letac, de retour à Londres en septembre 1941 après la mission "Savannah", donnaient dans un rapport l'état d'esprit qu'ils avaient trouvé en France, ils notaient à propos de la péninsule : "Il n'est pas vain de dire que la Bretagne est, parmi les autres régions françaises, celle où la résistance anti-allemande s'affirme avec le plus de netteté", ou encore cette constatation d'un observateur du B.C.R.A. : "La Bretagne est de beaucoup notre principal point d'appui et l'attitude des Bretons est d'un grand réconfort pour ceux qui sont retournés en France après une longue abscence".

 

Une zone de repli et de départ.

 

L'avance éclair allemande, en juin 40, a très rapidement acculé bon nombre de divisions françaises et du corps expéditionnaire anglais dans la zone bretonne. Un grand port permettait en effet, le rapatriement de ces soldats vers l'Angleterre. Peu de temps avant, le gouvernement avait demandé au général Weygand l'organisation d'un réduit autour d'un grand port de guerre pour continuer la lutte sur le territoire national et rester en liaison avec les territoires de l'Afrique du nord et l'Angleterre. Le général de Gaulle, nouveau sous secrétaire d'Etat à la guerre, se rallia au projet contrairement à un Weygand très hostile. Les premières discussions à Rennes, le 12 juin 1940, mirent en évidence le délai relativement long de sa mise en place, deux mois. Les allemands à Rennes le 18 juin, il n'est plus question de mettre en chantier ce projet bien ambitieux mais d'évacuer le plus grand nombre possible de soldats pour continuer la lutte.

 

L'appel du général de Gaulle a très fortement mobilisé la population, de nombreux petits bateaux de pêche et de plaisance embarquèrent, plus que de raison, les candidats au départ depuis les nombreux ports de la péninsule bretonne. Le plus connu reste celui, le 26 juin 1940, des 127 hommes de l'Ile de Sein agés de 14 à 54 ans. Environ 250 personnes partirent de Camaret le 19 juin. De nombreux jeunes des écoles de la Marine rejoignirent également les ports britanniques comme les 80 élèves de l'Ecole de la Marine Marchande de Paimpol à bord du "Manou" ainsi que ceux de l'école du Havre, comme le départ de Douarnenez de 108 élèves de l'Ecole de pilotage de l'air installée à Morlaix.

 

Un épisode peu connu ponctua cette arrivée massive des bretons, Jean Marin demanda à un jeune arrivant à Londres, Charles Marie Guilois, de prendre du service à la célèbre B.B.C. Ce dernier eu le privilège de lancer, vers le 24 juin 1940, l'appel du général de Gaulle... en breton et d'assurer pendant environ deux mois des émissions en langue bretonne à destination de la péninsule armoricaine.

 

Après ces départs massifs de juin 1940, plusieurs départs clandestins individuels s'échelonnèrent jusqu'en 1943, des côtes nord principalement, puis viendra la mise en place des filières plus ou moins organisées pour l'évacuation comme aux chantiers Sibiril à Carentec qui firent partir 148 personnes sur quinze navires de février 42 à février 44, l'instigateur même de ces départs dû rejoindre l'Angleterre en octobre 1943. De la région de Douarnenez-Camaret s'installèrent même, selon Roger Huguen, des liaisons régulières avec le port de Penzance, port d'attache de la flottille de pêche chargée de la dépose et de la récupération des agents sur les côtes du Finistère. Ainsi, Daniel Lomenech fit une trentaine de voyages avec le bateau N51 ; d'autres bretons également mirent leur navire de pêche à la disposition des alliés.

 

Certains départs relevaient parfois de l'exploit comme celui d'Henri Stéphan qui traversa la Manche dans une barque de 4 mètres empruntée à un pêcheur de Trégastel. La chance ne souriait pas toujours à ces candidats, les échecs du "Buhara" à St Cast et du "Vicking" à St Quay Portrieux sont là pour nous le rappeler. Un départ ne s'improvisait pas, tout d'abord le candidat devait parvenir à séjourner dans la zone côtière interdite, il fallait trouver le bateau, l'essence et les vivres, avoir un minimum de connaissance de la navigation et enfin déjouer la surveillance allemande avant d'affronter bien souvent le mauvais temps pendant la traversée de la Manche.

 

Insolite encore, l'évasion du jeune Halna du Fretay, qui s'envola de Jugon dans les Côtes du Nord, le 15 novembre 1940, à bord d'un petit avion qu'il avait remonter à l'insu de l'occupant. Courageux exploit au-dessus de la Manche qui montre la détermination de l'homme décidé à combattre l'oppression nazie.

 

L'arrivée de ces hommes constitua l'ossature des Forces Françaises Libres (FFL). Les spécialistes de la navigation côtière formèrent l'embryon des flottilles spéciales chargées de la dépose et de la récupération des agents sur les côtes bretonnes. L'expérience de ces hommes, connaissant les moindres recoins de la Bretagne, fut très utile pour les britanniques.

 

Une récente étude de Christian Bougeard montre que ce phénomène fut typique de la Bretagne. Aucune autre région, même celles très proches de l'Angleterre, ne connu un tel nombre de départs clandestins par voie maritime, ils y furent même pratiquement inexistants. Une région très anglophile et une bonne connaissance du milieu maritime sont très certainement quelques éléments à l'origine de cette particularité.

 

Enjeu stratégique

 

La position de la Bretagne à l'extrémité de l'Europe et la distance relativement courte avec les côtes anglaises l'amena à être très rapidement un sujet d'intérêts pour les stratèges alliés ainsi que pour l'occupant allemand.

 

Les services alliés considéraient la Bretagne sous deux aspects :

 

- le renseignement sur la construction des ouvrages et les mouvements des unités des bases sous-marines, des ports et des aérodromes, ce qui expliqua, en partie, le nombre assez important de réseaux implantés dans cette région, tous les grands réseaux français ou britanniques avaient des antennes dans la péninsule.

 

-  l'exploitation de ces informations pour lancer des missions de bombardements sur ces objectifs. Presque toutes les nuits, les avions du Bomber Command traversaient le ciel breton pour essayer d'affaiblir le potentiel maritime de l'ennemi qui causait bien des soucis aux responsables de l'approvisionnement de l'Angleterre depuis les Etats-Unis. La chasse anglaise faisait également de nombreuses incursions sur les ouvrages d'art et aérodromes du nord de la Bretagne (viaduc de Morlaix, aérodromes de Lannion, St Brieuc, Dinan, etc.).

 

Les ports de Brest, Lorient, St Nazaire formaient l'épine dorsale de la Kriegsmarine pour sa force sous-marine. La fortification de ces zones fut immédiatement entreprise dès l'arrivée des Allemands en Bretagne ; le premier sous-marin, l'U30, entra à Lorient le 7 juillet 1940, l'amiral Doënitz, chef des escadres de sous-marins installa son commandement à Lorient en octobre 1940. De cette véritable tête de pont logistique pour le ravitaillement et la réparation, partaient les meutes de U-boots attaquant les convois alliés dans l'Atlantique Nord. Les Allemands utilisèrent également les plans d'eau de la rivière de Morlaix et de la réa du Trieux pour abriter leurs unités naviguant dans la Manche. Sur ces points sensibles, de nombreux agents au service des alliés, travaillèrent pour la détection des mouvements des navires ennemis.

 

L'aviation allemande, la Luftwaffe, ne fut pas en reste, dans la perspective du plan Seelöwe, le projet de débarquement allemand en Angleterre ; elle aménagea de nombreux terrains sur l'ensemble de la Bretagne. Elle les utilisa pour bombarder massivement le territoire anglais durant la bataille d'Angleterre. Plusieurs terrains firent l'objet d'importants travaux d'aménagement en 1941 et 1942. Après l'attaque allemande de l'U.R.S.S. en juin 1941, l'aviation allemande allégea son dispositif à l'Ouest et modifia ses objectifs, l'offensive sur l'Angleterre n'étant plus à l'ordre du jour, elle donna désormais la priorité aux attaques aériennes contre les convois maritimes alliés de l'Atlantique Nord.

 

La présence continuelle, de décembre 1940 à la réddition dans les poches de l'Atlantique en 1945, du même corps d'armée en Bretagne, le XXVe, témoigna de l'importance accordée par les Allemands à ce théâtre d'opérations. La stabilité du commandement fut même un modèle unique en son genre. Les principales missions assignées à ce corps étaient : surveillance, défense des côtes en cas d'attaques ennemies, constitution d'une ligne fortifiée de défense côtière. Pour mener à bien ces directives on nota la présence minimale de quatre divisions de l'armée de terre (sans compter les forces navales et aériennes) tout au long du conflit, en juin 1944, les forces d'occupation comprenait un effectif de 150 000 hommes (dont 100 000 hommes pour l'armée de terre).

 

La Bretagne, vivier naturel pour les réseaux de renseignement

 

Le renseignement constituait la partie immergée de la Résistance, peu spectaculaire, mais oh combien nécessaire. Selon Christian Bougeard : "De 1941 à l'été 1944, les services britanniques priviliégièrent presque toujours l'aspect militaire de la Résistance : le renseignement puis l'évasion sur l'action ou l'aspect politique", il note également : "Jusqu'en 1943, et en dehors de la Résistance communiste qui se livre à l'action directe, le renseignement constitue l'un des éléments essentiels de l'activité résistante en Bretagne". Les premiers réseaux implantèrent assez rapidement des antennes en Bretagne. Le B.C.R.A., alors 2ème bureau, envoya dès juillet 40 un agent dans cette région. Au début, de nombreux petits groupes s'étaient formés comme le groupe de la "bête noire", la "bande à Sidonie", le groupe Roger Barbé, etc., mais leur principal souci était de prendre contact avec Londres. En effet, le renseignement ne servait à rien s'il ne pouvait être transmis immédiatement aux services de Londres. Les contacts se concrétisèrent à partir du printemps 1941 après les reconnaissances de plusieurs agents chargés d'évaluer les potentialités qu'offrait cette région.

 

Parfois d'importants renseignements transitaient par un seul homme comme "Hilaron", le lieutenant de Vaisseau Philippon, agent du réseau C.N.D. du colonel Rémy, qui transmettait à Londres les moindres mouvements des gros navires de surface de la Kriegsmarine à Brest. Faire du renseignement dans des places aussi importantes et aussi surveillées que la base sous-marine de Lorient n'était chose aisée et pouvait apporter une certaine ambiguïté, vis à vis de l'entourage, comme ce fut le cas pour l'ingénieur Stosskopf. Cet ingénieur du génie maritime fut recruté à l'été 40 par le S.R. Marine de Vichy qui tranmettait ses informations à l'Ambassade américaine. Pour mener à bien sa mission, il lui fallait gagner la confiance des allemands au risque bien sûr de passer pour un collaborateur, ce que crurent beaucoup d'ouvriers de l'Arsenal. Il connaissait parfaitement l'allemand mais ne le fit pas savoir. Il pouvait donc écouter en toute confiance les conversations de l'occupant, doté d'une prodigieuse mémoire il apprenait tout par coeur. En décembre 1942, il entra en contact avec le réseau ALLIANCE, lui fournissant de très nombreux renseignements sur la construction de la plus grande base sous-marine en France, l'activité des sous-marins, les conséquences des grenadages, etc. Malgré plusieurs arrestations dans le réseau, il poursuivit son activité jusqu'à son arrestation le 21 février 1944. Il connu une fin tragique quand il fut tué d'une balle dans la tête avec 107 autres membres du réseau ALLIANCE au camp du Struthof le 2 septembre 1944. Les alliés venait de perdre en Bretagne l'un de leurs plus prestigieux agents.

 

Et pendant ce temps

 

Pendant ce temps, les autres composantes de cette Résistance harcelaient l'occupant, créant ainsi un climat d'insécurité permanent. Ces sentiments de rejets se manifestèrent peu de temps après l'occupation éclair de juin 1940. Les lacérations d'affiches étaient presque systématiques. Une attitude hostile et parfois agressive lors de bagarres avec des soldats allemands entraînait bien souvent une condamnation à mort. Les graffitis de la campagne du "V" ainsi que ceux favorables à de Gaulle fleurissaient partout. Une foule nombreuse suivait les enterrements des pilotes alliés abattus et fleurissaient les tombes de ces combattants de la Liberté.

 

Les actes de sabotage et les attentats, isolés au début, portaient un coup sévère au dispositif de l'ennemi : locomotives, lignes électriques et téléphoniques, machines outils, etc. Par exemple, les coupures de lignes téléphoniques passèrent de 2 en 1940 à 63 à la fin 1943 dans le département des Côtes du Nord. Les attentats contre les soldats allemands se multipliaient, dans le Finistère de neuf en 1941 ils passèrent à 31 en 1943. Il ne s'agit là que de quelques exemples dans une longue liste d'actions qui traduisaient une intense activité comme celle des groupes communistes F.N.-F.T.P. qui était très soutenue, et ce dès le début du conflit - bien souvent en marge de la direction parisienne-, surtout sur la partie ouest de la Bretagne.

 

Une telle activité subversive entraînait, de la part de l'occupant, une dure et sévère répression. Plusieurs vagues d'arrestations en 1941, 1942 et 1943 avaient démantelé ou désorganisé les mouvements et groupes de résistance bretons. Les survivants reprenaient le flanbeau, pour continuer le combat et symboliser l'espoir d'une population farouchement hostile à l'occupant.

 

Le renseignement engendre l'action : les opérations combinées sur la Bretagne

 

L'objectif de l'opération "Savannah", premier raid aéroporté sur le territoire français, était d'attaquer le car transportant les spécialistes d'une escadrille allemande, assurant le balisage des cibles lors de leur transfert journalier de Vannes à l'aérodrome de Meucon en Bretagne sud. Une équipe de cinq parachutistes français sauta près de l'aérodrome dans la nuit du 14 au 15 mars 1941. Lors de leur reconnaissance les hommes apprirent que ces officiers ne faisaient plus le trajet mais habitaient pour la plupart sur l'aérodrome. L'effectif réduit du groupe de sabotage ne permettait pas de mener à bien une mission sur le terrain d'aviation, en conséquence l'opération fut annulée et finalement une partie de l'équipe revint en Angleterre après sa récupération par un sous-marin près de St Gilles Croix de Vie dans la nuit du 4 au 5 avril 1941.

 

Entre la mi-41 et la mi-43, les alliés planifièrent trois opérations de grande envergure contre les ports et bases de Bretagne. Le projet "Coffepot" en avril 1943 contre les écluses du port de St Malo, projet similaire à "Chariot" (voir ci-dessous) destiné à rendre inutilisable ce port assurant le ravitaillement des îles anglo-normandes. Faute de pouvoir assurer un effet de surprise et une réussite totale, le projet fut suspendu. Le projet "Coughtdrop", quand à lui, se proposait d'attaquer la base sous-marine de Lorient en mars 43 pour détruire des U-boots et endommager sérieusement leurs abris bétonnés, les chances de succès étant minimes du fait de l'énorme dispositif de défense mis en place par l'ennemi, le projet fut annulé peu de temps avant son exécution.

 

Plus connu fut le grand raid des commandos britanniques sur St Nazaire, l'opération "Chariot". Une force de 611 hommes de la Royal Navy et des commandos, transportée sur dix neuf navires, avait pour mission d'amener le destroyer "Campbeltown" chargé de quatre tonnes d'explosif de forte puissance contre l'imposant caisson (52 m de long, 17 m de haut avec une épaisseur de 11 m) assurant la fermeture de la forme de radoub, solution ingénieuse et hardie de placement de l'explosif contre la cible en remplacement des hommes. L'objectif principal fut atteint le 28 mars 1942 à 01h34 lorsque le "Campbeltown" éperonna le caisson. Les différents groupes de démolitions se répartirent vers les objectifs assignés dans l'environnement du port : centrale électrique, réservoirs d'essence souterrains, station de pompage. La grande surprise arriva quand huit heures après l'impact du bateau suicide, les charges retardées explosèrent avec fracas, causant un chaos total dans la forme écluse et sur les docks avec la perte des allemands occupés à fouiller le "Campbeltown". Le bilan de l'opération était très lourd : 169 tués et 215 prisonniers du côté anglais, 42 tués et 127 blessés pour les allemands plus le nombre des tués par l'explosion du destroyer, chiffre estimé entre 100 et 380 morts.

 

Nul doute que la réussite de ce raid stratégique, malgré les pertes, extrêmement audacieux dans sa conception, eut des conséquences importantes sur la conduite des opérations navales dans l'Atlantique et dans la planification des grands raids pour 1942. Il symbolisa, à cette époque, l'esprit d'audace de la Direction des Opérations Combinées. Il porta également pour la population une lueur d'espoir et montrait que l'ennemi pouvait recevoir des coups, là où il s'attendait le moins.

 

Un raid symbolique, l'opération "Fahrenheit".

 

Le nord de la Bretagne était, dès le début du conflit, sous la surveillance des agents du groupe de renseignement dit "la bande à Sidonie", rattaché plus tard au réseau britannique Georges France 31. Les informations, recueillies sur l'ennemi et le relief côtier, étaient transmises, via Rennes, aux services de renseignement alliés à Londres. Le volume et la qualité de ces informations amena la Direction des Opérations Combinées à planifier, à partir de juin 1942, une quinzaine d'opérations sur une bande côtière s'étendant approximativement de St Brieuc à l'Ile de Batz.

 

A chaque tentative depuis juin 42, les interférences avec les opérations des services secrets entraînaient l'annulation des petits raids. La programmation de "Fahrenheit" autour du 11 novembre 1942 permettait de célébrer symboliquement l'anniversaire de l'armistice et de répondre positivement aux aspirations de Wiston Churchill, fervent défenseur de ces symboles. L'opération "Fahrenheit" pouvait commencer.

 

Dans la nuit du 11 au 12 la vedette rapide MTB 344 de la Royal Navy transporta un groupe de 11 commandos à la Pointe de Plouézec dans les Côtes du Nord. Ils avaient pour mission de détruire la station sémaphore et de faire des prisonniers afin de créer le trouble chez les forces occupantes. La force débarqua le 12 à 00h37 et effectua une reconnaissance avant d'attaquer le sémaphore. Le plan d'attaque initial fut modifié du fait de la présence continuelle de deux sentinelles derrière la ceinture de barbelés sur le chemin d'accès à la station ainsi que par la présence de mines dans les environs immédiats. Lors de la préparation de l'attaque, les sentinelles entendirent un des commandos dégoupiller une grenade, dès lors l'attaque par surprise ne pouvait avoir lieu et l'affrontement commença, il était 03h10. Les commandos investirent le périmètre de la station sémaphore, tuant l'une des sentinelles et blessant trois autres soldats allemands.

 

Le feu s'intensifiant la force de raid décida de décrocher, estimant avoir atteint une partie des objectifs, il ne fut pas possible de ramener des prisonniers comme prévu. Elle n'eut à déplorer aucune perte, ce qui expliqua la non divulgation de cette opération, les allemands se gardant bien de dévoiler leurs faiblesses dans la défense des côtes.

 

Le 12 novembre au matin, Lord Mountbatten envoya un télégramme à Winston Churchill pour lui rendre compte de cette opération. N'avait-il pas demandé un mois auparavant, l'intensification de ces opérations !

 

Lors de la préparation de cette opération les commandos travaillèrent sur des photos aériennes prises par la Royal Air Force et sur des informations fournies par un résistant, Claude Robinet, membre du réseau "La bande à Sidonie". A l'été 1941 cet homme avait déjà volé, dans le sémaphore, une carte des défenses allemandes du secteur Paimpol-Plouézec, elle fut transmise à Londres peu de temps après.

 

Se sentant menacé, il quitta clandestinement Paimpol le 15 janvier 1942 pour l'Angleterre avec quatre autres camarades à bord d'une vedette. Lors de son arrivée en Angleterre il fut interrogé par l'Intelligence Service, il rédigea un rapport sur les défenses allemandes du secteur et dessina les croquis des bâtiments du sémaphore qui servirent pour la mise au point du plan d'attaque des commandos.

 

Cet événement est un merveilleux exemple de coopération de la Résistance avec le service action allié ; Cette opération fut la seule menée sur la portion côtière entre Cherbourg et St Nazaire car paradoxalement le renseignement servait à l'action mais l'action gênait le renseignement.

 

Missions secrètes et raids ne font pas bon ménage.

 

Les missions secrètes et les raids avaient des objectifs totalement opposés. Si les raids se voulaient efficaces et spectaculaires, les services secrets britanniques, quand à eux, recherchaient la discrétion la plus totale sur leurs activités, considérant bien souvent leur zone de travail comme chasse gardée. La réussite du raid "Fahrenheit" à Plouézec ne pouvait laisser insensible ces services. Afin d'éviter le renouvellement de cette situation, ils contactèrent, début décembre 1942, la Direction des Opérations Combinées pour lui demander d'annuler tous les petits raids dans une zone située à l'ouest de la péninsule de Cherbourg ; quinze petits raids étaient prévus pour ce mois dans cette zone. Mountbatten tenta, dans une note du 22 décembre aux chefs des armées, de défendre sa cause, mais en vain. Les chefs d'états-majors britanniques avalisèrent la demande des services secrets le 4 janvier 1943, la Direction des Opérations Combinées se plia à cette demande et seuls les grands raids stratégiques comme "Pontiff", "Coffepot", "Coughtdrop" furent étudiés. La Bretagne redevenait une plateforme pour le renseignement.

 

La particularité de Ouessant

 

Cette île du bout de l'Europe n'était pas dans la sphère d'influence des services secrets et pouvait de ce fait, faire l'objet de projets. Les alliés s'y intéressèrent à quatre reprises. Le premier projet "Crucible" prévu pour la période du 23 au 30 septembre 1942, était pour le moins ambitieux et original, il s'agissait tout simplement de parachuter sur ce minuscule espace des troupes pour capturer des éléments de la station radar, la détruire de même pour les stations radio et météo en rapportant si possible du matériel et des documents, une répétition de l'opération de Bruneval en quelque sorte. Le manque de moyens aériens et maritimes entraîna l'annulation pure et simple de ce projet. Avril 1943, la station radar intéressait toujours les alliés, cette fois le projet planifiait une importante force maritime avec 28 navires et l'effectif d'un commando complet (environ 500 hommes), là encore, le manque de moyen sonna le glas du projet.

 

Dans la pratique une seule opération amphibie fut menée : le raid "Pound", dans la nuit du 3 au 4 septembre 1943, contre les occupants de l'île, deux allemands tués, mais les 18 hommes du N°12 Commando composant la force de raid, ne ramenèrent pas, comme initialement prévu, de prisonniers. Une fois de plus, les commandos préparèrent l'opération à partir de renseignements donnés semble-t-il par un jeune étudiant en océanographie, Claude Francis Boeuf, membre du groupe de résistance du "Musée de l'Homme" et du C.N.D. qui vint, en juillet 43, sur l'île faire des prélèvements de sédiments dans le cadre d'une thèse. L'opération ayant, en partie réussie, elle annula automatiquement la suivante, l'opération "Toboggan" initialement programmée pour la fin septembre, début octobre 1943. La station radar de l'île fit l'objet de plusieurs attaques des "Mosquitos" alliés, sans toutefois l'endommager complètement.

 

Les filières maritimes

 

A la fin 43-début 1944, les services alliés utilisèrent intensivement le rivage nord pour les opérations clandestines de dépose et de récupération des agents, et aviateurs ainsi que des courriers. Dans le dernier trimestre de 1943, la région de l'Aber-Vrach reçut plusieurs fois la visite des vedettes alliées, de même pour la région de St Cast et de Beg An Fry. Ils implantèrent également deux très importants réseaux : SHELBURNE à Plouha et ALIBI à l'Ile Grande près de Pleumeur Bodou. Ces deux réseaux étaient dans le premier semestre 1944, les seuls liens maritimes permanents avec l'Angleterre, aussi, les alliés attachaient une grande importance à leur sécurité.

 

La proximité de la Bretagne permettait d'effectuer ces opérations en 12 heures environ, les vedettes partaient en général de Dartmouth, parfois de Falmouth, vers 18 heures au coucher du soleil pour revenir vers 8 heures le lendemain matin. Une protection aérienne au retour, parfois indispensable, était facilement réalisable. Le relief très découpé de la côte laissait de grandes zones d'ombre dans le dispositif de défense allemand, de telles opérations eurent été impossible sur les côtes trop défendues du Nord de la France par exemple. Pour mener à bien ces missions les alliés avaient mis en place successivement plusieurs unités : flottille de bateaux de pêche de Penzance composée de marins de la France Libre, flottille d'Helford, 15ème flottille britannique de vedettes M.G.B., squadron N°2 composé de vedettes américaines.

 

SHELBURNE

 

La formation d'un pilote était très coûteuse et très longue, 2 ans pour former un aviateur de guerre, 3 à 4 ans pour un officier aviateur. Aussi, les responsables de l'aviation alliée tenaient-ils à récupérer au plus vite ces hommes indispensables pour mener à bien la grande campagne de bombardement sur l'Allemagne et les objectifs stratégiques. Il faut noter, toutefois, qu'un aviateur gravement blessé, donc non opérationnel, "ne valait plus rien" pour le commandement.

 

Le Military Intelligence 9 (M.I.9), spécialisé dans les évasions, mit en place, fin 43, le réseau SHELBURNE en Bretagne pour récupérer au plus vite ces hommes, les filières par l'Espagne avaient l'inconvénient d'être trop longue. Le réseau SHELBURNE était finalement le point d'aboutissement de plusieurs tentatives. Dès la mi-43, le M.I.9 pensait envoyer des bateaux sur la côte ouest de la Baie de St Brieuc, ce fut l'objet de la mission OAKTREE de Val Williams et Raymond Labrosse. Plusieurs problèmes retardaient la première évacuation, les nuits devenaient trop courtes, aussi, il fallut reporter ce projet à l'hiver et évacuer par l'Espagne les nombreux aviateurs déjà rassemblés dans la région de St Quay Portrieux.

 

La mission SHELBURNE prenait le relais, Lucien Dumais et Raymond Labrosse arrivèrent en France par une mission "Lysander" le 9 novembre 1943. Un contact parisien les mis en relation avec un jeune docteur de Plouézec afin de constituer une équipe locale de résistants, à Plouha, chargée de l'hébergement et de la conduite des aviateurs vers le secteur choisi par la Royal Navy pour l'embarquement. Les aviateurs tombés sur le territoire français passaient par Paris, où ils étaient interrogés pour éviter les infiltations d'agents ennemis, puis acheminer par train jusqu'à St Brieuc. De là, ils rejoignaient Plouha par le petit train ou par camionnette. L'hébergement se faisait à St Brieuc, Guingamp ou Plouha. Avant la mission de récupération par la ou les vedettes, ces aviateurs étaient rassemblés à la Maison d'Alphonse non loin de la plage d'embarquement dans l'anse Cochat ayant pour nom de code : plage Bonaparte.

 

Le bilan de ce remarquable réseau d'évasion est éloquent, 143 hommes, dont 91 américains, purent rejoindre l'Angleterre au cours de neuf opérations : 124 aviateurs, 3 marins, 5 officiers d'état-major et 11 autres personnes.

 

ALIBI

 

Le réseau de renseignement ALIBI, composé exclusivement d'agents français des Forces Françaises Combattantes, opéra, en liaison directe avec l'Intelligence Service britannique (I.S.), sur l'ensemble de la France de juillet 1940 à la Libération. Il comprenait alors un effectif d'environ 450 agents enregistrés et répartis dans une vingtaine de sous-réseaux et groupes, et mettait en oeuvre une quinzaine de postes émetteurs clandestins. Le professionnalisme des agents d'ALIBI permit à ce très important réseau d'être l'un des plus efficaces opérant en France, le nombre restreint de pertes : 15 morts pour ALIBI et 20 tués ou disparus pour le sous-réseau MAURICE, sur 450 agents en est une preuve.

 

La diversification des moyens de liaison avec Londres (radio, passage par l'Espagne, Lysander, etc.) permettait l'optimisation de la livraison en fonction de l'importance, de l'urgence ou de la nature du document présentant un intérêt pour les services alliés. Les préparatifs du débarquement, avec un besoin grandissant en renseignements fiables, généraient un trafic important entre la France et l'Angleterre. Il fut donc décidé, en octobre 1943, de renforcer le dispositif en mettant en place des liaisons maritimes. Georges Charaudeau, le chef et le créateur du réseau, fut alors convoqué à Londres par son officier traitant, le major Whytlaw (dit Thomas). Il fut embarqué en Auvergne par une liaison "Lysander". Avant de partir, Georges Charaudeau avait réfléchit aux possibilités d'une liaison maritime, sa première idée était d'utiliser des sous-marins pour l'évacuation des courriers par mer. Après une étude approfondie de la question, la Royal Navy proposa des liaisons par vedettes ; la Manche était peu propice à l'utilisation de sous-marins. Afin de vérifier la faisabilité de ce mode d'évacuation, Charaudeau assista à trois opérations sur la côte bretonne à St Cast pour le réseau VAR du S.O.E.

 

Georges Charaudeau revint de Londres par une liaison "Lysander" très mouvementée, la nuit du 16 au 17 décembre 1943 avec de nouvelles directives. De retour à son P.C., il confia à Pierre Lallart dit "Paul", la recherche du point adéquat pour la mise en place d'une liaison maritime avec l'Angleterre sur les rivages de la Normandie ou mieux de la Bretagne.

 

Début 1944, ses responsables implantèrent dans la région de l'Ile Grande dans les Côtes du Nord, un sous réseau, BO Bretagne, chargé des liaisons maritimes avec l'Angleterre ainsi que du renseignement sur la Bretagne.

 

Le réseau ausculta le dispositif ennemi pratiquement du Mont St Michel à Brest. Il fut très sollicité par les alliés comme à la fin mai 1944, où on lui demanda de photographier depuis la mer la grande plage de St Michel en Grève près de Lannion, celle-ci était parfaitement appropriée pour un débarquement. Les alliés l'utiliserons d'ailleurs pour un débarquement logistique lors du siège de Brest.

 

Ces deux très importants réseaux fonctionnèrent sans pertes dans notre région. Ils avaient eu, à cette époque, une durée de vie dépassant les huit mois, une chance inouïe. L'arrivée rapide des troupes alliées sur la Bretagne, début août, après la Percée d'Avranches, les sauva sans aucun doute d'une destruction, quinze jours de plus et c'était la catastrophe, l'occupant avait infiltré ALIBI fin juillet.

 

La montée en puissance des Maquis

 

Les attentats et les sabotages augmentèrent considérablement au début de 1944 et à l'approche du débarquement, 350 attentats en mars et en avril dans le seul département des Côtes du Nord, particulièrement dans la région de Plouaret où la ligne de chemin de fer Paris-Brest fut constamment harcelée par le groupe F.T.P. "La Marseillaise". Les groupes des F.T.P. furent très actifs dans l'action immédiate contre l'occupant mais ne disposaient pas toujours de l'armement souhaité. Les attaques contre les prisons et les hopitaux pour délivrer les résistants se multipliaient comme à Lannion, St Brieuc, Vitré. A l'approche du Jour-J la région était dans un état insurrectionnel.

 

La répartition géographique des maquis était assez inégale : en Ille et Vilaine, leur nombre assez réduit, tandis qu'à l'ouest d'une ligne St Brieuc-Redon de nombreux maquis s'implantèrent, dès la fin 43, notamment dans le centre Bretagne, Roger Leroux en dénombre 24 en décembre 1943 dans le secteur Nord-Est du Morbihan, une dizaine dans l'ouest du département des Côtes du Nord à la fin mai 1944. Les réfractaires du S.T.O et les jeunes fuyant la répression vinrent renforcer les noyaux de ces maquis comme dans la région de Guingamp-Lannion. Cette position centrale permettait de rayonner assez loin des bases et sur plusieurs départements regroupés dans des Corps d'Armée différents, les médiocres échanges d'informations entre les responsables allemands de ces Corps ajoutaient à la confusion.

 

A cette disposition géographique se greffait une répartition par sensibilité, les maquis F.T.P. et les maquis de L'A.S. (Armée Secrète), dans l'ensemble les groupes et maquis F.T.P. étaient majoritaire, toutefois dans le Morbihan de nombreux gendarmes prirent le maquis. "Le phénomène mquisard a donc été important dans l'ouest de la Bretagne, bien avant le débarquement, sous l'implusion des F.T.P." rappelle Christian Bougeard.

 

C'est ainsi, qu'à la veille du jour-J sur les quatre départements bretons, plus de 35 000 résistants furent prêts à lancer une guérilla sans limite pour bouter l'occupant hors de la péninsule. Les combats de la Libération allaient montrer la détermination d'une région à se libérer elle-même et apporter un soutien massif aux troupes alliées.

 

La Bretagne dans les plans du Jour-J

 

D'autres part, les alliés souhaitaient inclure la Bretagne dans leurs plans d'intoxication de l'ennemi pour le Jour-J, les parachutistes S.A.S. largués sur la Bretagne le 5 juin 1944 avaient la conviction qu'ils seraient relevés quelques jours plus tard par les troupes d'un débarquement secondaire dans la région de Quiberon, du moins, c'est ce qu'ils laissaient entendre dans un message adressé à Londres vers la fin juin. Elle eut également un rôle important à jouer dans le développement de la tête de pont en Normandie lors du grand débarquement, les ports bretons entrèrent dans l'aspect logistique pour le choix de la zone du débarquement. Le rôle des résistants bretons dans la guérilla, dès la mi-44, contre les forces allemandes n'est plus à démontrer, obligeant l'occupant à renforcer ce secteur par un Corps d'Armée parachutiste. Les difficultés en juillet sur le théâtre normand amenèrent le haut commandement allié à envisager trois grandes opérations aéroportées, avec pas moins de 15 000 parachutistes pour certaines, pour prendre le port de Brest et sécuriser la Presqu'île de Quiberon en permettant la construction d'un immense port artificiel pour l'arrivée du matériel et des hommes directement des Etats-Unis vers le front Européen.

 

Conclusion

 

Cette spécificité bretonne rendait incontournable son utilisation dans les plans alliés. Les enjeux stratégiques au travers de la Manche et de l'Atlantique plaçaient cette région en pointe du dispositif. Sa vocation maritime apporta une pesante occupation : par la présence des bases sous-marines et ports utilisés par les allemands et les nombreux bombardements qui y découlaient, par l'instauration d'une zone côtière interdite avec la limitation, voire l'interdiction, d'y circuler, par la construction du Mur de l'Atlantique, tous ces éléments contribuèrent rapidement à l'accentuation d'un rejet massif de l'occupant. Cette spécificité d'occupation géographique en fit donc une des régions qui bascula très rapidement dans la Résistance.

 

Sa population, par son attachement à la Liberté, apporta une aide efficace et multiformes aux alliés, au prix de très nombreux sacrifices : 3763 déportés (dont la moitié ne reviendra pas des camps de concentration), 2276 fusillés et près de 6500 victimes civiles. Les bretons avaient participés à toutes les composantes de la Résistance : la France Libre, le renseignement, les évasions, l'action, les mouvements, les maquis, la guérilla, etc. Ils avaient un objectif commun : porter atteinte le plus rapidement possible et directement au coeur du dispositif ennemi. Ces résistants avaient, dès le début, choisi le camp de l'opposition à l'oppresseur nazi, en improvisant la plupart du temps, un rôle pour lequel ils étaient peu préparés, l'expérience viendrait sur le tas pensaient-ils. Il savaient qu'en cas d'arrestation, d'autres hommes, d'autres femmes épris de liberté comme eux, prendraient le relais pour refuser l'esclavage. Ils avaient jeté les bases d'un mouvement qui allait s'amplifier au fil des certitudes. Des premiers résistants, bien peu reviendront pour nous expliquer la dure réalité de la vie clandestine. Les bretons avaient participé à la libération de leur Bretagne en gardant encore, aujourd'hui, le sentiment du devoir naturellement accompli : le combat pour la Liberté.

 

Bibliographie indispensable, mais non exhaustive, pour approfondir l'étude de la Résistance en Bretagne.

 

Baudot (Marcel), Libération de la Bretagne, Hachette, 1973.

 

Bougeard (Christian), Histoire de la Résistance en Bretagne, Editions Jean Paul Gisserot, 1992.

 

Huguen (Roger), Par les nuits les plus longues, Les presses bretonnes St Brieuc, 2ème édition 1976.

 

Le Berre (Alain) Legrand (Alain), La Bretagne à l'épreuve, Editions Daoulan, 1992.

 

Le Marec (Gérard), La Bretagne dans la résistance, Ouest France, 1983.

 

Leroux (Roger), Le Morbihan en guerre, 1939-1945, 7ème édition, Imprimerie de la manutention, Mayenne, 1991.

 

Legrand (Alain), Le Finistère dans la guerre, 2 tomes, Editions de la Cité, 1979 et 1980.

 

Pichavant (René), Clandestins de l'Iroise, plusieurs tomes.

 

Sainclivier (Jacqueline), La Résistance en Ile et Vilaine 1940-1944, Presses Universitaires de Rennes, 1994.