Coup de main sur le pont de l'Orne

 

L'histoire du pont Pégasus sur le canal a fait l'objet de nombreuses publications, parallèlement à cette action un autre groupe d'hommes également sous les ordres du Major Howard ont opéré un coup de main contre le pont sur la rivière Orne appelé parfois "Horsa bridge". Le staff sergeant Roy Howard (à ne pas confondre avec le Major du même nom) pilote d'un des trois planeurs affectés à ce pont nous livre son témoignage sur son arrivée en Normandie.

 

Au terme de 18 mois d'entraînement, Roy Howard obtint avec un brillant succès son brevet de 1er pilote à l'âge de 21 ans. Ses exellentes notes "au-dessus de la moyenne" ont très certainement influencés les responsables dans le choix de ce pilote pour une mission de la plus haute importance : la prise intact des deux ponts sur la rivière et le canal de Caen.

 

L'entraînement spécifique de cette mission commença 6 semaines avant le jour J. La difficulté, hormis l'effet de surprise primordial pour la réussite de l'opération, était d'atterrir le plus près des ponts sans aucune aide extérieur à terre. Chaque nuit les planeurs lestés d'acier, pour simuler le transport de 28 soldats équipés dans la carlingue, effectuaient des vols de 1 heure et demi, sans aucune aide, avant d'atterrir dans 2 terrains minuscules simulant l'objectif. La tension était à son maximum le soir du 5 juin quand les planeurs très lourdement chargés décollèrent vers 22h45 pour cette fois accomplir la délicate mission.

A mi-distance entre Ranville et Cabourg le navigateur de l'avion remorqueur appela Roy Howard pour lui signifier que le planeur était à la position correcte pour le décrochage du câble. Le planeur était maintenant, à environ 2000 mètres, aux mains de Roy, la vitesse exessive l'obligea à déplacer deux hommes de l'avant vers le fond de l'appareil pour éviter le crash à l'atterrissage. Le planeur traversait de nombreux nuages et quelques tirs de la Flak. Roy howard aperçut soudain à l'altitude de 400 mètres la rivière et le pont, le champ ou il devait atterrir lui apparaissait vraiment très petit. Il effectua un très bon atterrissage comme à l'exercice et il sauta dans la carlingue pour dire aux hommes qu'ils étaient arrivés à la bonne place et n'avaient plus qu'à capturer le pont. Pendant que les parachutistes prennaient "livraison" du pont Roy Howard enleva son équipement de pilote de planeur pour prendre la tenue d'un simple soldat, il devait maintenant aller aider les hommes qu'ils avait eu la charge d'amener le plus près possible de l'objectif. C'est à ce moment qu'il réalisa qu'il n'y avait qu'un seul planeur, le sien, dans le minuscule champ, au lieu des trois prévus, en réalité le deuxième atterrira un peu plus au nord et le troisième près de Cabourg.

 

La formation des pilotes de planeurs étant très longue et très coûteuse, leur présence continuelle sur le champ de bataille n'était pas souhaitée, de plus d'autres projets d'opérations attendaient les pilotes suivant la tournure que prendraient les évènements. Roy Howard et ses camarades repartirent donc le soir du 6 juin vers 21h en direction de Ouistreham, ou ils prirent un bateau qui les ramena à Newhaven le 8 juin au matin. Le déroulement favorable de la bataille en Normandie n'amena pas l'utilisation opérationelle des planeurs avant septembre quand Roy participa à la grande opération aéroportée sur Arhnem. Pour sa brillante action sur le pont de l'Orne en Normandie il recevra la "Distinguished Flying Medal". Nul doute que cette audacieuse opération sur les ponts restera l'une des plus brillantes du débarquement.